L’Egypte esquisse un vaste plan de privatisations

Noter cet article

Fragilisé par les conséquences de la guerre en Ukraine, le pays, contraint de négocier un nouveau prêt auprès du Fonds monétaire international, veut doubler la part du secteur privé dans son économie.

Par 

Egyptian Prime Minister Moustafa Madbouly, speaks during a news conference to announce the Egyptian state’s vision to deal with the global economic crisis at the headquarters of the Investment Authority in Cairo, Egypt May 15, 2022. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Depuis des années, l’Egypte promet de privatiser les pans de son économie où la présence de l’Etat freine l’investissement privé. Le projet, resté sans suite, est relancé, alors que la vulnérabilité de l’économie nationale est exacerbée par la guerre en Ukraine et que Le Caire se voit obligé de négocier un nouveau prêt auprès du Fonds monétaire international (FMI). En avril, le président, Abdel Fattah Al-Sissi, a annoncé un plan visant à attirer 40 milliards de dollars (37,9 milliards d’euros) d’investissements privés sur quatre ans. Le premier ministre, Moustafa Kemal Madbouli, a commencé à en esquisser les grandes lignes, le 15 mai, et a fixé pour objectif de doubler la part du secteur privé dans l’économie.

D’ici à 2025, le gouverneent souhaite que « la contribution du secteur privé aux investissements passe à 65 % », contre 30 % actuellement, a annoncé le chef du gouvernement. Dix compagnies détenues par l’Etat et deux compagnies par l’armée (le fabricant d’eau en bouteille Safi et l’opérateur de stations-service Wataniya) devraient être privatisées dès 2022. Deux sociétés holding, regroupant « les sept plus grands ports » du pays et « les meilleurs hôtels égyptiens », seront également constituées, dont des parts « seront cotées en Bourse », a-t-il ajouté. Une feuille de route détaillant les secteurs concernés et le calendrier doit être annoncée avant la fin du mois de mai.

Selon un document qui a circulé dans les médias locaux, l’Etat envisagerait de quitter plusieurs secteurs, tels que les céréales (sauf le blé), la construction portuaire, la fabrication d’engrais et les usines de dessalement d’eau. Il prévoit de réduire sa participation dans la production d’énergies – notamment renouvelables –, l’éducation préscolaire, l’industrie textile et l’exploitation des lignes de métro, ainsi que dans les mines et carrières. En revanche, l’Etat veut accroître sa part dans la construction des chemins de fer et de lignes de métro, dans la gestion du canal de Suez ou encore dans les activités financières et assrances.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.