Fin des moteurs thermiques et « amendement Ferrari » : les voitures de luxe les plus rares échappent à l’interdiction

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Dans une décision marquante, le Parlement européen a adopté l’interdiction, d’ici à treize ans, de la vente de véhicules thermiques neufs. Avec quelques exceptions, dont un remarqué « amendement Ferrari », qui accorde un traitement de faveur accordé aux voitures les moins produites.

« L’amendement Ferrari » a été déposé par les eurodéputés italiens du groupe conservateur ECR (illustration) ( AFP / GABRIEL BOUYS )

Le Parlement européen a approuvé mercredi, malgré une farouche opposition de la droite, la proposition de Bruxelles de réduire à zéro les émissions des automobiles neuves à partir de 2035, n’autorisant de facto que la vente de véhicules électriques. Les eurodéputés, réunis en séance plénière à Strasbourg, ont validé le texte sur la régulation des émissions de CO2 des voitures et camionnettes, qui s’inscrit dans l’ambitieux plan climat de l’Union européenne, par 339 pour (249 voix contre, 24 abstentions).

« Clio » contre « Ferrari »

Le texte prévoit toutefois que les véhicules de luxe (entre 1.000 et 10.000 voitures particulières immatriculées par an) bénéficient d’une dérogation leur permettant d’être équipés d’un moteur thermique jusqu’en 2036.

Selon cet amendement présenté par les conservateurs du groupe ECR, les véhicules produits à moins de 1.000 exemplaires par an ne seront eux pas concernés par cette interdiction. « Les objectifs de réduction s’appliqueront pour tous les producteurs, à l’exception de ceux responsables de moins de 1.000 véhicules neufs enregistrés sur l’année calendaire », est-il précisé dans l’amendement figurant dans le texte final adopté par le Parlement européen. Les voitures de luxe les plus rares échapperont ainsi selon ce texte au principe du zéro émission, et pourront continuer de rouler à l’essence. « Sur les moteurs à combustion, le Parlement européen refuse une marge de 10% pour les constructeurs de Clio mais les Ferrari seront exemptées et pourront continuer à l’essence », s’est ainsi lamentée l’eurodéputée Agnès Evren.

 

S’il demeure symbolique, le vote des eurodéputés n’est qu’une étape dans la transformation des règles en vigueur dans l’industrie automobile européenne. Le Conseil européen, présidé par la France, va s’emparer à son tour de ce texte fin juin. Les ministres de l’environnement des 27 Etats membres auront alors possibilité d’examiner et modifier le texte, avec des pistes d’aménagement concernant les moteurs hybrides ou les carburants de synthèse.

« Imposer le ‘zéro émission’ reviendrait à condamner tout un pan de l’activité industrielle et pénaliserait fortement les consommateurs », a estimé pour sa part Agnès Evren (PPE), critiquant un texte qui « empêchera de commercialiser des véhicules hybrides performants ou des véhicules utilisant des biocarburants », dont la production pourrait s’avérer moins chère que les véhicules électriques. « C’est une décision contre le marché, contre l’innovation et les technologies modernes, sans admettre qu’il n’y a pas suffisamment d’infrastructures de recharge dans une grande partie de l’Europe » pour les voitures électriques, a jugé Hildegard Müller, présidente de la puissante fédération des constructeurs allemands VDA.

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